Jeûner une semaine et marcher 100 km : mon retour d’expérience

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Jeûner une semaine tout en marchant 100 kilomètres : c’est le défi original qu’a lancé notre Fédération Francophone de Jeûne et Randonnée (FFJR) à une centaine de professionnels du jeûne.

Cette année, pour la deuxième fois, j’ai participé avec Cyrille à cet événement promotionnel avec des collègues de la FFJR et avec des médecins de l’AMJ (Académie Médicale du Jeûne) venus de toute la France. Ensemble, nous avons vécu une semaine hors du temps, bercés par la nature et les paysages du Quercy, rythmée par les rencontres enrichissantes.

Et une fois de plus, j’ai fait l’expérience de l’étonnante capacité du corps à puiser dans ses réserves.✨

Dans cet article, je te raconte cette semaine de jeûne et randonnée très spéciale : la préparation, le passage en cétose parfois désagréable, les nouvelles « leçons » du jeûne, les moments d’échange, le soutien du groupe, et ce qui me reste de cette aventure trois semaines plus tard.
Si tu envisages un jeûne d’une semaine, si la méthode Buchinger te convainc ou si l’idée de jeûner en marchant t’attire, tu trouveras ici un retour d’expérience concret, vivant et honnête. Mais note bien que cette expérience « insolite » ne correspond pas à ce que nous proposons dans les stages de jeûne selon la charte de la FFJR.

Jeûne et randonnée de 100 km organisé par la FFJR
Jeûne et randonnée de 100 km organisé par la FFJR

Jeûner et marcher 100 km : pourquoi ?

Un clin d’œil historique : la marche des Suédois et l’esprit du jeûne

  • Dans les années 1950, des médecins et athlètes suédois ont jeûné et marché 536 km pour démontrer la puissance insoupçonnée du corps humain et son aptitude à jeûner.
  • En 2021, un groupe de médecins de l’AMJ reprend cette idée et s’embarque dans une marche de 100 km en jeûnant.
  • En 2023, nous réitérons l’aventure : avec 100 collègues de la FFJR et de l’AMJ, nous marchons du Mont Saint-Michel à Saint-Malo.
  • En 2025, la marche des 100 km en jeûnant devient-elle un classique ? Cette fois-ci, nous faisons le Tour du Quercy (106 km) en suivant un itinéraire repéré et choisi attentivement par nos collègues du Lot, animateurs et professionnels locaux du jeûne.

Une préparation minutieuse est nécessaire pour qu’un tel périple en hiver, sur de petits chemins vallonnés ou raides puisse se dérouler en toute sécurité. Emmener 80 jeûneurs et jeûneuses — dont notre doyenne âgée de 76 ans — , ce n’est pas rien ! Merci à l’équipe des organisateurs et organisatrices d’avoir pensé à tout : les voitures-balai, le repérage, les bouillons du soir etc.

Pourquoi marcher 100 km en jeûnant aujourd’hui ?

Avant tout, la FFJR organise cet événement pour promouvoir le jeûne encadré.
80 personnes qui marchent 100 km en jeûnant et en restant en pleine forme, cela interpelle même les esprits les plus 🧐​ sceptiques.

Ensuite, pour les médecins de l’AMJ, être sur le terrain, observer les participants, échanger entre professionnels et expérimenter eux-mêmes le jeûne représente une source d’information précieuse. Cela nourrit leur travail d’étude et d’observation.

Pour nous, membres de la FFJR, cette longue marche offre aussi une occasion unique de nous retrouver avec d’autres professionnels du jeûne. J’ai par exemple rencontré Manu et Audrey du centre Ecoasis, qui comme nous utilisent le kundalini yoga pendant leurs stages. Nous avons pu échanger sur nos pratiques respectives et sur les bénéfices de cette discipline pour soutenir l’énergie et le mental pendant le jeûne. J’ai aussi écouté avec grand intérêt Sylvie Gilman, autrice de Le jeûne, une nouvelle voie thérapeutique  et réalisatrice du documentaire arte Le jeûne, enquête sur un phénomène : c’était passionnant de l’entendre évoquer les anecdotes du tournage et réactions à la sortie du film. Par exemple, elle nous a raconté comment le professeur Peter Schwarz, président de la Fédération Internationale du Diabète, spécialisé dans la prévention et le traitement du diabète, a été profondément interpellé par ce film sur le jeûne et comment il a aussitôt intégré la pratique du jeûne dans sa clinique et dans ses recherches.

Comment ai-je vécu cette semaine de jeûne en randonnée ?

La descente alimentaire

Cette année, j’avais décidé d’étaler ma descente alimentaire sur une plus longue période que la classique « semaine de descente », notamment en arrêtant le sucre et le vin un mois avant le jeûne. En effet, ma semaine annuelle de jeûne est un prétexte idéal pour faire une longue “dry-pause” et « sugar-pause » : par exemple, cette année, je ne reprendrai pas de vin avant Noël — deux mois, c’est parfait pour se dés-habituer.

Dans la mesure où notre alimentation est déjà principalement équilibrée et très végétalisée, je n’ai pas eu à faire de grands changements. J’ai cependant supprimé les féculents, les légumineuses et les produits laitiers, selon l’ordre que nous préconisons dans notre Livret de préparation du Crapaud Sonneur ( c’est le livret que nous envoyons à nos futur.es stagiaires).
Le dernier jour d’alimentation, c’est à dire le vendredi 14 novembre, je n’ai consommé que des liquides : jus de fruits à l’extracteur, bouillon d’os et soupe de légumes le soir.

J’avais retrouvé mon poids de forme (57 kg) au moment de commencer le jeûne.

D’ailleurs vendredi soir, nous avions un « apéritif dînatoire » et cela aurait pu être une tentation mais, franchement, à partir du moment où on se projette dans le jeûne, on se met dans un état d’esprit particulier et les tentations habituelles n’ont plus le même impact. Nos stagiaires aussi témoignent souvent de cela.

J’ai donc commencé le jeûne le samedi 15, journée de rangement, valises et trajet. C’est ce que font d’ailleurs nos jeûneurs qui arrivent généralement chez nous le samedi en fin de journée alors qu’ils ont pris leur dernier repas solide le vendredi midi.

Deux poids deux mesures

Cyrille, lui, s’est préparé de manière plus « détendue » car il démarre le jeûne et le passe en cétose sans aucune difficulté. D’ailleurs, le samedi, pendant le voyage en voiture, je le vois encore manger quelques noix et boire de la soupe ! A contrario, parmi les collègues de la FFJR, certains avaient déjà commencé à jeûner plusieurs jours auparavant car ils désiraient faire un jeûne long de 10 ou 15 jours. À chacun son rythme !

Les premiers jours de jeûne : difficultés, cétose et frilosité

Le dimanche : rien à signaler pour moi. Grande forme, et 19 km 🏃‍♀️​avec dénivelé réalisés sans difficulté.

Le lundi matin, en revanche, je ressens ces fichus symptômes que je subis à chaque fois : légère nausée, tremblements, faiblesse, mal de tête diffus… les signes classiques du passage en cétose, lorsque le corps commence à fonctionner principalement à partir des graisses.

Au retour de la randonnée, je m’allonge et je dors deux heures sous une montagne de couvertures et de bouillottes pour récupérer.

Si je n’étais pas formée au jeûne et habituée à jeûner, je me découragerais sans doute. Pour garder confiance, je pense aux bienfaits du jeûne et à mes motivations.

Astuces pour mieux vivre son jeûne : ce qui m’a aidée

C’est mon 10ᵉ jeûne et c’est ma 6ᵉ année d’encadrement de stages selon la méthode Buchinger. Avec l’expérience, j’ai appris à adapter mon jeûne à ma constitution, à mon âge (57 ans), à la saison et aux conditions extérieures. Je suis consciente que je suis arrivée en trainant de la fatigue (vive le mois de novembre !) et que ce format de jeûne (marcher 100 kms) va davantage puiser dans mes réserves qu’un jeûne Buchinger classique comme ceux que nous proposons. Je décide donc de mettre en place quelques « béquilles » pour faciliter mon jeûne et pour m’assurer de rentrer en pleine forme. Voilà les astuces que j’ai utilisées :

  • des exercices de respiration et quelques mouvements de yoga le matin,
  • une demi-cuillère de miel le matin et après la randonnée,
  • du sérum de Quinton chaque jour,
  • un peu de sel quand j’en ressens le besoin,
  • me reposer au retour de la randonnée,
  • et cette fois-ci, une cuillère de ghee ajoutée dans mon bouillon du soir.

À chacun·e de trouver ses aménagements : le jeûne n’est jamais standard, chacun.e doit l’adapter à ses besoins selon ses ressentis. Comme chaque jeûneur et jeûneuse qui vient au Crapaud Sonneur, chacun a un profil et des besoins singuliers.


Arrivée à Saint-Cirq-Lapopie
Arrivée à Saint-Cirq-Lapopie après 100 km en jeûnant

Avec Cyrille, nous proposons des jeûnes sur-mesure : rien n’est imposé, le plus important est d’être à l’écoute. Ce qui est sûr, c’est qu’on ne marchera pas 100 km pendant un stage au Crapaud Sonneur ! Chez nous, on marche entre 6 et 10 km par jour.

Découvrir nos séjours de jeûne

Nos séjours de jeûne sont adaptés aux « primo-jeûneurs » aussi bien qu’aux jeûneurs expérimentés


Les bénéfices de ma semaine de jeûne et randonnée : mon retour d’expérience

Voici les bénéfices que j’ai ressentis pendant cette expérience-ci (chaque jeûne est unique !) :

  • disparition d’une petite infection (type panaris) à l’orteil, qui traînait depuis un moment ;
  • fin d’une sensation d’acidité dans l’estomac et le tube digestif, installée depuis quelques mois ;
  • gain de muscles et perte de gras au niveau du ventre ;
  • une petite perte de poids (2 kg) ;
  • un profond calme intérieur, un mental reposé et mon sommeil est redevenu stable (j’étais fatiguée et agitée avant le jeûne);
  • un apaisement réel vis-à-vis de la nourriture et notamment vis à vis du sucre : détachement, aucune sensation de faim, aucune impatience à reprendre l’alimentation.

Cette marche en jeûne, aussi positive soit-elle, n’offre toutefois pas le même retour sur soi qu’une semaine de jeûne en centre comme nous le proposons au Crapaud Sonneur : les temps de silence, la méditation, le yoga, les pratiques respiratoires… ces espaces d’introspection m’ont manqué. L’énergie qui est mise au service de la marche (très intense dan le cas présent) n’est plus disponible pour le processus de détox : aussi pardoxale cela puisse sembler, le jeûne est moins intense quand on marche beaucoup. Je t’invite à lire mon article sur le jeûne hygiéniste pour comprendre ce phénomène.

Trois semaines après mon jeûne et randonnée : comment je me sens vraiment

Je me sens bien, calme, heureuse d’avoir retrouvé une silhouette plus fine et un sommeil réparateur.
J’ai déjà envie de programmer une semaine de jeûne et randonnée au printemps, au moment de la détox du printemps. Je suis certaine que le passage en cétose se fera encore plus facilement.

Cette expérience a été une véritable remise en forme physique dans une semaine de vacances et de découverte du terroir.

Mais il y a eu ce magnifique supplément : les échanges avec les membres de la FFJR et de l’AMJ.

Marcher avec les professionnels du jeûne : l’AMJ et la FFJR

les professionnels du jeûne marchent 100kms en jeûnant

Échanger avec les médecins de l’AMJ🌿

Pendant ces longues heures de marche, j’ai eu la chance d’échanger avec des médecins passionnés par la question du jeûne. Ces partages sont des pépites !
La Dre Marie Jacques, gynécologue spécialisée dans l’endométriose, m’a expliqué que certaines de ses patientes observent une amélioration de leurs symptômes lorsqu’elles adoptent un mode de vie incluant un jeûne intermittent et un changement d’alimentation. Elle m’a également rapporté des cas où des troubles cutanés, comme l’eczéma, avaient disparu après un jeûne.
La Dre Claire Delval m’a raconté comment elle s’était engagée dans la promotion du jeûne et randonnée, et pourquoi elle jeûne elle-même trois à quatre fois par an, notamment pour mieux traverser la ménopause et soutenir son équilibre global.
Le Dr Jacques Rouillier, quant à lui, m’a parlé du rôle des corps cétoniques dans le fonctionnement du cerveau : selon lui, les neurones sont plus performants lorsqu’ils utilisent des corps cétoniques comme carburant. Il évoque également le « facteur de croissance » qui favorise les synapses et le renouvellement neuronal après un jeûne — ce qu’il résume avec humour : « Le jeûne, ça fait rajeunir ! ».
Tous ces médecins de l’AMJ partagent ces points communs :

  • ils/elle jeûnent eux-mêmes pour leur propre santé,
  • ils/elles observent, étudient et documentent le fonctionnement et les effets du jeûne sur leurs patients et sur eux-mêmes,
  • ils/elles se rendent disponibles pour donner des consultations aux personnes qui désirent jeûner mais qui s’interrogent en raison d’un problème de santé

📸 Envie d’en savoir plus ?
Je partagerai bientôt les interviews complètes de ces médecins sur Instagram.
Retrouve-les ici : @lecrapaudsonneur

La FFJR : la fédération du jeûne et randonnée qui encadre et sécurise le jeûne https://www.ffjr.com

La FFJR regroupe aujourd’hui plus de 130 professionnels formés à l’encadrement du jeûne en France. Cette fédération contribue à harmoniser les pratiques, garantir un cadre sécurisant et partager les connaissances issues de l’expérience de terrain comme des collaborations avec l’AMJ.
Participer à la marche des 100 km permet de renforcer ce lien professionnel et humain. Les longues heures de marche quotidienne ont été autant d’occasions de partager sur nos expériences et de découvrir nos collègues : cette marche magnifique a été organisée par nos collègues du Lot et encadrée aussi par Léa et Daria, les deux charmantes et infatigables assistantes professionnelles qui travaillent pour l’administration de la FFJR.

Nous avons aussi profité de séances de travail, notamment pour consolider notre lien avec l’AMJ ou bien pour aborder des questions techniques sur la physiologie du jeûne.

Jeûner une semaine tout en marchant 100 km fut pour moi une expérience forte, complète et enrichissante. Chaque expérience de jeûne et randonnée me rappelle à quel point le corps sait s’adapter et combien la marche en nature facilite le processus du jeûne. Trois semaines après, les bénéfices sont toujours présents : énergie stable, sommeil paisible, silhouette affinée et un rapport à la nourriture beaucoup plus serein. Ces effets physiques sont certains, mais surtout je me sens habitée par un bel élan intérieur et nourrie par les riches échanges avec les membres de la FFJR et de l’AMJ. Tout cela m’a boostée et je me réjouis de démarrer bientôt notre 7ème année d’encadrement de stages de jeûne avec le Crapaud Sonneur et la FFJR.

Tu as une question ?

Si la lecture de cet article a soulevé une question ou si tu as besoin d’une information sur les stages de jeûne et randonnée, pose-la moi et je serai heureuse d’y répondre.